La FIDL : un fidèle pseudopode du PS dans le monde lycéen…

Publié le par voltaire


« On peut ajouter que ce syndicat est devenu aujourd’hui le bras armé du parti socialiste pour manipuler les lycéens d’après certains historiens politiques. » affirme ainsi l’encyclopédie en ligne Wikipédia, en général moins abrupte dans ses appréciations…

L’acronyme FIDL signifie Fédération indépendante (sic) démocratique lycéenne. La FIDL – de même que sa sœur ennemie l’Union nationale lycéenne (UNL) tiraillée entre l’extrême gauche du « facteur » Besancenot et la « gauche de la gauche » du PS, de Benoît Hamon – n’est pas un syndicat, mais une banale association régie par la loi de 1901. Elle revendique 6000 adhérents - chiffres sui generis… - soit 0,4% de la population lycéenne. Une représentativité plus que problématique.


Elle n’existe que par ses liens « historiques » avec les journalistes du système (notamment l’AFP, et grâce au travail de l’attaché de presse de Julien Dray, un Julien Dray dont elle est la créature) et le soutien financier du Ministère de l’Education nationale, que le ministre en exercice soit « de droite » ou « de gauche »

Le « syndicalisme » lycéen et étudiant constitue un extraordinaire vivier de talents pour le Parti socialiste. Julien Dray, David Assouline, Bruno Julliard, Jean-Christophe Cambadélis n’en sont que quelques exemples. Le premier fut l’un des leaders des grèves estudiantines de 1986. Il s’y déclarait naturellement « apolitique », avant de rejoindre les rangs du PS sous les couleurs duquel il sera élu député. David Assouline fut aussi un des leaders des grèves de 1986, bien entendu à l’époque « totalement apolitique ». Il rejoindra par la suite le PS et sera élu sénateur… Jean-Christophe Cambadélis fut président de l’Unef-id dans les années 70-80, déclarant à l’époque à qui voulait l’entendre que les décisions du syndicat n’étaient prises que « par le syndicat lui-même » et que les liens de l’Unef avec le PS étaient ceux que le syndicat entretient « avec tous les partis de gauche »…

Quant à Bruno Julliard, il n’a jamais caché ses liens avec le parti socialiste : animateur fédéral du Mouvement des jeunes socialistes en Haute-Loire en 2001 (à l’époque, sa maman était maire socialiste du Puy-en-Velay, ça aide pour mettre le pied à l’étrier) membre de la Gauche socialiste, il rejoint le courant d’Henri Emmanuelli. Elu président de l’UNEF, il affirme en juillet 2005 avoir rendu sa carte du PS… Une simple petite éclipse semble-t-il puisqu’on le retrouve en décembre 2007 sur la liste PS aux municipales 2008, à Paris (mieux que Le Puy). Il est nommé par Delanoë « en charge de la jeunesse », puis devient « secrétaire à l’éducation » du Parti socialiste lors du dernier congrès du Parti. Leader du mouvement anti-CPE début 2006, il a récemment déclaré dans une interview retentissante avoir reçu l’appui du ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy qui a vu dans le mouvement une superbe occasion de régler son compte à son rival Dominique de Villepin.

Les revirements de la FIDL – signataire avec l’UNL et les syndicats d’enseignants et de proviseurs de la réforme Darcos en juillet, pour la dénoncer en décembre – n’ont aucun rapport avec l’intérêt supposé des lycéens. Il s’agit essentiellement pour cette courroie de transmission du PS de créer des conditions sociales propices à un retour du parti sur la scène politique et sociale, après des mois d’éclipse consécutifs à une impitoyable guerre des chefs. Le monde lycéen - et estudiantin - a toujours été un terreau fertile et facile : il suffit de quelques bons slogans réducteurs assénés par des professionnels pour emporter l’adhésion enthousiaste d’une AG d’adolescents…

Avec un budget de 80 milliards d’euros, premier de la nation - devant le remboursement des intérêts de la dette abyssale de la France, et très largement devant la Défense nationale - avec un taux de croissance systématiquement supérieur à celui du PIB (voir rapport de la cour des comptes), l’Education Nationale semble d’abord soucieuse de fournir de gras moyens d’existence à ses syndicats officiels, bien avant d’assurer la formation des enfants et des adolescents. L’Education nationale à la française est l’une des plus onéreuses parmi celles des pays de l’OCDE mais aussi l’une des plus inefficaces et des plus inégalitaires.

Mardi dernier, à Sarcelles, la voiture d’un conseiller d’éducation du lycée de la Tourelle a été incendiée devant les grilles de l’établissement. Ce dernier venait d’arriver sur place pour tenter de calmer les esprits et parler aux « jeunes ». Mal lui en a pris… Il ne dut son salut qu’aux forces de police présentes sur les lieux. Détail piquant, révélateur du total divorce entre « le terrain » et la nomenklatura socialiste en matière d’éducation : cet infortuné conseiller d’éducation est également conseiller général socialiste du 9-3…

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