Chose inutile est totalement indispensable
Il y a parfois des questions d'une nullité extrême ... D'où l'interêt d'en débattre.
Exemple avec ce qui suit ...
Dans l'intérêt d'un journal, achat en kiosque ou abonnement ?
Il est bien plus intéressant pour un journal d'avoir des abonnés que des acheteurs en kiosque. Mais quand on contacte des spécialistes comme le fondateur de Courrier International, Jacques Rosselin, ou l'universitaire Jean-Marie Charon, la réponse est plus nuancée.
D’aucuns soulignent que l'abonnement permet aux éditeurs de faire rentrer de la trésorerie, d'économiser sur la marge des kiosquiers et sur le coût des invendus, mais aussi de vendre plus finement leurs espaces publicitaires aux annonceurs en raison des informations qu'ils récoltent sur leurs abonnés. Voire de commercialiser ces bases abonnés.
On remarque cependant que l'acte d'achat d'un titre en kiosque reste le meilleur indicateur sur l'attractivité d'un titre, et cela intéresse bien sûr les annonceurs. Economiquement, « l'abonnement est de plus en plus crucial »
Chercheur au CNRS, le spécialiste des médias Jean-Marie Charon pointe à ce propos le « principal problème de la presse » pour la vente en kiosque : « C'est l'occasionnalité de lecture, pour les acheteurs qui n'achètent le titre que lorqu'un dossier les intéresse, qu'il y a un supplément ou un cadeau. Mais la vente au numéro permet d'entrer en contact avec un public non familier du titre, qui fait connaissance avec le journal. »
Mais dans le contexte actuel de crise de la presse écrite, « l'abonnement est de plus en plus crucial », selon le sociologue : « Il permet de réguler la diffusion et de l'aplanir. D'où les stratégies en faveur du portage des journaux que développent les éditeurs depuis plusieurs années. »
Problème : recruter un nouvel abonné coûte cher. « Pour un magazine, la première année est blanche », note Jean-Marie Charon. « On gagne de l'argent la deuxième année ». Si toutefois le lecteur se réabonne…
Les dépenses les plus importantes ne sont pas les cadeaux, achetés à vil prix à l'autre bout de la planète, mais les mailings et les ristournes accordées aux abonnés.
L'abonnement n'est plus adapté aux habitudes des lecteurs
Selon Jacques Rosselin, fondateur des hebdomadaires Courrier International et Vendredi, les coûts de recrutement d'un nouvel abonné ou d'un nouvel acheteur en kiosque (affichettes, campagnes de publicité…) sont équivalents : « environ 100 euros par lecteur ».
Il estime que l'abonnement est « clairement plus intéressant pour l'éditeur, beaucoup moins pour le lecteur » : « Aujourd'hui, le lecteur est très versatile, il aime changer. Il en va des quotidiens, des hebdos ou des mensuels comme d'Internet. L'abonnement ne convient plus à la façon de consommer aujourd'hui. »
La nature du titre et son tirage conduiront ensuite son éditeur à privilégier la vente en kiosque ou par abonnement. Un petit titre (moins de 20 000 exemplaires nationaux) a intérêt à fuir les kiosques, qui lui demanderont des coûts importants pour affiner sa diffusion et supporter les invendus.
Dans la presse nationale, certains titres sont connus pour privilégier la vente en kiosque, comme Marianne, dont le fondateur Jean-François Kahn fustigeait les méthodes de recrutement d'abonnés des autres newsmagazines. Le groupe Prisma Presse (Capital, Voici, Géo, VSD, Gala…) a développé une base kiosques très sophistiquée lui permettant de savoir quelles couvertures se vendent le mieux à quel endroit.
A l'inverse, Les Echos ou Bayard Presse (La Croix, Okapi, Terre Sauvage, Notre Temps…) privilégient les abonnements.
Etonnant ! Non ?
« Ca troue le cul ! » diriez-vous . Ce qui tombe bien puisque tous les journaux dont il est question, vous pourriez bien en faire des rouleaux et les placer en ce digne endroit. Il s'agira alors de savoir s'il est préférable de prendre un abonnement ou de faire un achat en kiosque.