Multinationales : armes de guerre contre l’identité.
Pourquoi et comment les multinationales pilonnent et détruisent les identités locales ?
Rappelons la définition d’une multinationale : entreprise de grande dimension (en fait sous forme de groupe d’entreprises) implantée dans de nombreux pays par le biais de très nombreuses filiales, opérant soit sur une zone géographique déterminée, soit sur le monde entier. Ou plus simplement, une entreprise qui a des filiales dans plus d’un pays.
Le constat qui s’impose à la lecture de cette définition est que la « multinationale », conception un peu à l’ancienne évoquant un (impossible) respect des identités des pays d’activité, a petit à petit évolué en « transnationale », terme plus adapté, qui renvoie à l’idée de dépassement et de totale ignorance des frontières et des spécificités qui caractérisent ce type d’entreprises. En l’occurrence, les Mulinationales constituent un parfait concentré de modernité, un concentré du « système ».
Il faut en effet clairement se poser la question : à qui appartient le pouvoir aujourd’hui ? Si l’on affirme à juste titre que le pouvoir n’appartient plus au « politique », cet homme qui faute de volonté devient le simple gestionnaire d’un environnement qu’il subit, alors on doit se poser clairement la question de sa localisation exacte : où se situe le pouvoir et qui le détient ?
Incontestablement, les dirigeants des multinationales, regroupés en puissants lobbies et réseaux d’influence, en sont les acteurs majeurs. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil aux structures décisionnelles des entreprises françaises du CAC 40, les fameux Conseils d’Administration, pour voir qu’ils sont composés à peu près des mêmes personnes. On peut ainsi figurer au CA du Crédit Agricole en même temps qu’à celui de L’Oréal, deux entreprises aux activités a priori différentes… mais à l’objectif final partagé : le lissage planétaire pour une rentabilité optimisée.
Funeste projet, terrible objectif pour lequel les multinationales possèdent des alliés de choix : d’une part, les médias, usant de leur moyen de propagande favori, la télévision, pour diffuser, via un véritable tabassage cathodique, l’idéal global du « doux commerce »; et d’autre part les hommes politiques, souvent intimes avec les dirigeants d’entreprise, censés gérer les réactions épidermiques locales générés par les manipulations planétaires auxquelles se livrent leurs amis.
En outre, avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut par ailleurs toujours garder en mémoire quelle est la finalité concrète de ces entreprises : le pognon !
Obsession moderne tout à fait normale dans une société où la réussite est jaugée sur l’avoir et non sur l’être, la soif de pognon porte un nom pour les Multinationales. Pour elles, parlons plus précisément de rentabilité… ou pire, du mot abject de « profitabilité ». Or, être rentable signifie concrètement deux choses, deux actions parallèles : beaucoup vendre (en valeur et en volume) et baisser les coûts de production.
L’ensemble des mécanismes destructeurs des identités décortiqués ci-après dans cet exposé sont motivés par la seule et unique course au profit, dont l’optimisation passe par la réalisation des deux actions évoquées ci-dessus, qui sont la justification du « façonnage » du monde auquel se livrent les multinationales. Un façonnage externe, c’est-à-dire la disparition programmée des identités locales (au sens de mœurs, coutumes etc.) face au rouleau compresseur mondial, auquel s’ajoute un « façonnage interne », à savoir cette manière qu’ont les multinationales de conditionner leurs employés et ceux qui travaillent à leur service. Ceci amenant à se poser la question d’une forme d’esclavage sournoise et méconnue, l’esclavage salarié.
Nous vivons dans une société de consommation, une économie de production fondée sur la loi de l’offre et de la demande.
Or cette demande, il convient de l’encourager, de la stimuler et de la raviver. Comment ?
En premier lieu, en conditionnant les hommes, en les transformant progressivement en bête atomisée, infantilisée et déresponsabilisée, en machine prête à consommer.
Ce conditionnement s’opère grâce à une mass-communication auquel 99% des hommes (du moins dans nos sociétés occidentales) ne peuvent échapper : publicité sur tout support, relais des média, télévision (à bannir de son salon), culture officielle (arts, exposition, manifestations publiques etc.), tous les moyens sont bons pour instaurer un contexte hédoniste de bonheur individualiste par la consommation, pour faire qu’un homme n’est plus heureux non par ce qu’il est mais par ce qu’il « possède ».
Tous ces véhicules idéologiques sont mobilisés dans l’ambition de créer un « homme nouveau », l’homo-economicus, dans le cadre d’une politique planétaire de métissage culturel et ethnique.
Car rappelons qu’on ne vend pas le même produit à un européen enraciné ou à un africain enraciné. Pour eux, il faut faire deux produits. Donc c’est trop cher. Par contre, on vendra le même produit à deux métisses. D’où l’intérêt économique du « mélange », du métissage et de la disparition des sentiments de spécificités et d’appartenance.
Ainsi un seul produit sera fabriqué, en masse, pour tout le monde, ce qui amène à une évidente « standardisation » globale des produits que l’on trouve, avec de moins en moins de différence, aux quatre coins du monde.
Alors que justement nous aspirons à un monde de la diversité, la vraie, c’est à dire un monde où l’on puisse vivre, travailler, manger et consommer local, les multinationales, pour vendre plus, nous proposent un monde standardisé, lissé, qui correspond à la vision universaliste et égalitariste du monde, apanage les grandes « démocraties » modernes, structures qui sont les parfaits relais et réceptacles de la globalisation économique et dans lesquelles s’épanouissent les multinationales dans une sorte de symbiose.
Par ailleurs, si les multinationales sont le bras armé du rouleau compresseur mondial, la « grande distribution », dont les enseignes sont aussi des Multinationales (Carrefour, Auchan etc.) est comme son nom l’indique le principal canal de diffusion des « produits et des techniques de la mondialisation ». A ce sujet, précisons que les grandes surfaces sont réellement, notamment en matière de consommation alimentaire, l’antithèse parfaite de ce à quoi nous aspirons. Non contente de défigurer l’entrée de nos villes, de s’étaler sans limite au détriment des campagnes, de faire une concurrence déloyale aux commerces de proximité, entraînant parfois la mort des « centre-villes », ces enseignes distribuent les produits de la mondialisation et diffusent la publicité associée.
Enfin, à propos de la vision égalitariste et universaliste du monde dont les multinationales nous dispensent (en fait la même que celle désirée par les (alter)mondialistes), certaines en viennent même à tout mélanger et totalement perdre les pédales, vantant les bienfaits des multinationales qui prépareraient, par le lissage planétaire auquel elles se livrent, un « homme nouveau » finalement parfaitement compatible à leur internationalisme. Cette volonté de « créer un homme nouveau » (métisse / « égal » / indifférencié / standardisé) se retrouve dans toutes les facettes de la « modernité ».
N’oublions pas que « vendre plus » et « faire du chiffre » rapportent à l’obsession maladive de « croissance » (en volume et en chiffres) d'une multinationale.
Cela passe par :
- l'absorption (« acquisition ») de structures plus petites (PME notamment), engendrant la disparition des entreprises familiales et de proximité.
- la capacité à systématiquement s’adapter aux modes, à l’air du temps, et aux tendances de l’opinion… même quand cette dernière pourrait remettre en question la marchandisation du monde.
C’est ainsi que sont nés les concepts de « développement durable » et de « capitalisme vert » qui ne sont qu’en fait de vulgaires leurres, destinés à faire croire à l’opinion publique, friande de « verdure » et de « bio », que les multinationales industrielles d’un système qui pollue allégrement la Terre depuis plus d’un siècle auraient changé, comme ça, d’un coup de baguette magique. En fait, la volonté profonde de production infinie pour une consommation infinie – jusqu’où ? – n’est nullement altérée par cette pseudo prise de conscience de l'impératif écologique pourtant bien réel.
Ou comment garder la même voiture, follement emballée jusqu’au chaos, en lui donnant un coup de neuf grâce à une opportuniste et cynique couche de peinture verte. Et d’ailleurs, quand la couche de peinture tourne au vert de l’Islam (business hallal, finance islamique...), cela ne les dérange pas pour autant.
Clairement, au détriment des identités, les multinationales sont prêtes à toutes les mutations, y compris les plus sournoises, pour vendre, vendre et toujours vendre. La rentabilité et le « court terme » qui les animent sont l’exact inverse de la vision long terme de stabilité et d’équilibre qu'apportait l'économie locale.
La maximisation du gain passe également par un ensemble de techniques et de pratiques destinées à baisser les coûts de production.
Cette baisse des coûts de production justifie tous les sacrifices, y compris humains :
- délocalisation,
- plans sociaux (en partie justifiés par un contexte de crise propice à l’épuration, assez largement dramatisé),
- acquisition de petites structures,
- non-respect des normes (problème écologique),
- évasion fiscale (faire supporter des charges par des filiales placées dans des pays aux conditions fiscales avantageuses… autrement dit : pas en France),
- tricher sur les chiffres (surévaluer les charges pour diminuer le résultat et ne pas payer d’impôt sur les sociétés).
On constate que toutes ces mesures sont, à chaque fois, l’exact contraire de la morale et de la justice sociale.
Face à ce tsunami productivo-consumériste qui nous emmènera au chaos, à l’extinction des ressources naturelles, à la destruction du Monde et à l’écrasement de la bio-diversité (y compris humaine), l’heure est venue de dire "stop" et de mettre un frein à cette machine emballée que plus personne ne maîtrise. On peut ainsi rappeler le double objectif vers lequel chacun doit tendre :
- maîtriser sa consommation, en devenant un véritable « consomm’acteur » : choisir ses produits, restreindre sa consommation, favoriser la qualité plutôt que la quantité, préférer la production locale, fut elle plus chère, aux produits à bas coût fabriqués en Asie et dont nos magasins sont inondés, éviter l'immonde restauration rapide, impropre et néfaste (fast-food, kebabs…) et surtout se créer un réseau, une communauté locale déconnectée des maillons de l’esclavage moderne dont la grande distribution constitue la tête de pont.
- bien choisir son métier, en privilégiant les activités locales, dans des structures type PME ou des services de proximité afin de ne pas dépenser son énergie au service de grandes structures nuisantes pour le monde que nous voulons, celui de l’équilibre et de l’être, celui de notre identité et de nos pays.