Rien ne va plus au PS

Publié le par ACROPOLE


La guerre est déclarée : les ténors du parti se tirent dans les pattes à la mitrailleuse lourde depuis la bérézina des présidentielles de 2002. Le mouvement est au bord de l'explosion.

Le débat démocratique à l’intérieur du mouvement socialiste, c’est sain, le déballage non-stop sur la place publique du linge sale des multiples courants et sous-courants, c’est tuant.

Personne, en dehors d’une poignée de militants fanatiques à la limite de la zombification, ne comprend plus rien aux querelles qui agitent en permanence le parti à l’épine de rose au poing.
Nul ne se soucie d’un énième congrè au cours duquel les éléphants accoucheront comme d’habitude d’une souris consensuelle que chaque courant s’appliquera à piéger ensuite.Tout le monde en a ras la casquette de l’étalage impudique et formidablement contre-productif des egos hypertrophiés de ces messieurs-dames du bureau national. La pantalonnade continue de se jouer devant un parterre dont les cabots qui se disputent un os sur la scène ne remarquent même pas qu’il est bientôt vide de spectateurs.

W32708La faute aux média, comme toujours. Lorsqu’ils sont ajustés dans le viseur de la caméra, quand un micro leur est tendu, baronnes et barons du PS se croient soudainement importants pour le peuple alors qu’ils n’en ont que pour la demi-douzaine de journalistes qui feignent de les considérer. A l’autre bout de la chaîne de diffusion, le canapé en face de l’écran est déserté, ses occupants ayant profité de l’intermède des clowns du cirque PS pour aller assouvir quelque besoin naturel.
Allons ! Revenez donc sur terre, les Hamon, les Moscovici, les Dray, les Peillon, les Valls, les Montebourg, qui peinent à exister pour l’électeur moyen, personne de la France profonde ne vous connaît, tous les électeurs se fichet que vous rouliez pour Laurent, Martine, Bertrand ou Ségolène !
Atterris, la Royal ! Tu as eu ta chance, elle est passée. Les Français éliront peut-être un jour une pétroleuse, pas une bigote qui annone péniblement des discours bourrés de lieux communs dont on se demande si elle en partage ne serait-ce que vaguement l’esprit.
Laisse tomber, le François ! Si le parti en est là où il se trouve, au fond du trou, tu n’y es pas pour peu ! Alors, jouer aujourd’hui au rassembleur ! Adouber maintenant Delanoë, c’est pour mieux le couler, non ?
Calme-toi, Bertrand ! La mairie de Paris, c’était déjà inespérée pour un gentil petit marquis comme toi ! Et puis la capitale exige un énorme investissement de celui qui la gère, tu l’as reconnu et revendiqué toi-même. Dans ces conditions, prendre la tête du PS, ne serait-ce pas se ficher de celle du parisien ?
Idem pour toi, Martine ! Lille ne suffit pas, maire et présidente de la Communauté urbaine ne suffit pas, secrétaire national du parti ne suffit pas, pas assez de boulot, sans doute ?

Cela n'interresse personne de savoir que Martine a une haine vicerale contre Ségolène et Manuel ou que Bertrand rêve de lui mettre sa main sur sa face à ce François qui ne fait que déblatérer sur ses petits camarades.

L’électeur socialiste se contrefiche de vos ambitions personnelles, de vos plans de carrière, de vos embrouilles : il exige un programme cohérent, de gauche et pas au centre par défaut, et des individus modestes et dévoués au service de ce programme, pas de prétentieuses têtes d’affiche au seul service d’elles-mêmes. Il en vient même a vouloir au plus vite le retour de Dominique qui mettra tout le monde d'accord en priant à tous de dégager (chacun feind de désirer l'entrée en piste du clown blanc alors qu'on espère secretement que celui-ci demeure sous son grand chapiteau new-yorkais).

Toutefois, puisque vous êtes malheureusement payés pour ça, vous pouvez continuer la représentation sans vous soucier du public, de sorte que dans quatre ans le tribun qui bat les planches du théâtre d’en face sans s’en laisser compter par les figurants qui l’entourent vous raflera vos ultimes clients.

Publié dans politique

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